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Voyage autour des récits kanaks

Projet interdisciplinaire 2018-2019

Voyage autour des récits Kanaks

Récits empruntés aux légendes kanaks et écrits par les élèves de 5ème du collège de La Roche

Sous la direction de Mme Caro Bonou,
professeur de français, Mme Dionnet, professeur d’arts-plastiques,
M. Xavier Catherine, professeur d’éducation musicale.
La Roche percée
Il y a très longtemps dans la Province Sud, dans un quartier détaché de Bourail, vivait un guerrier nommé Téa et son fils Marama. C’était un chef puissant et redoutable. Personne n’osait l’affronter. Un jour, il se demanda si son fils aîné était assez fort pour l’affronter. Téa lui lança alors un défi :
« Si tu gagnes, tu pourras rassembler toutes les îles de l’océan Pacifique, mais si tu perds, elles resteront là à jamais ».
Marama lui répondit :« Nous aurons chacun cent pierres. Les blanches pour toi et les noires pour moi, nous les lancerons en l’air tout en les ramassant une par terre sans faire tomber celle qui était en l’air et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de pierres par terre.
Mais Téa était fort à ce jeu. Son fils, le voyant gagner, lui lança un défi. Lorsque Téa lançait la pierre, Marama chantait et avant la fin de son chant, il ramassait une pierre sans que son père s’en aperçoive. Mais Téa se rendit compte que Marama trichait, celui-ci s’enfuit en courant aussi vite qu’un éclair vers la falaise.
A cette époque, certains hommes avaient le pouvoir de se transformer en n’importe quel animal. Marama se transforma en oiseau pour échapper à son père. Quand son père arriva sur la falaise, son fils avait disparu.
Il regarda autour de lui, il n’y avait personne. C’est alors qu’il aperçut un bel oiseau qui le guettait de la colline la plus proche et comprit que c’était son fils Marama. Téa, en colère, frappa la roche si fort qu’il la perça.
On nomme encore aujourd’hui cet endroit « la Roche percée » qui vient d’un trou situé dans la falaise qui s’étend du Bonhomme de Bourail jusqu’à l’embouchure de la Néra.

Le requin tigre
Ceci se passait il y a très longtemps sur l’île de Java. Dans les profondeurs de l’océan Pacifique, un requin solitaire, chassant en général de nuit, nageait à quelques mètres de la plage pendant la pleine lune et admirait le ciel étoilé.
Un jour, il s’approcha du rivage et regarda la forêt qui s’étendait devant lui à perte de vue. Alors, il vit des lions, des jaguars, des guépards, des crocodiles, rien ne lui échappa. Soudain, il fut ébloui et attiré par un animal qu’il ne connaissait pas jusqu’à alors. Il s’approcha en nageant lentement afin de capturer sa proie et le questionna en lui faisant des compliments :
« Kolo ! Bua nidi. Kariroi !!! ce qui veut dire
Oh ! Quelle créature éblouissante !!!. Vous êtes majestueux.
- Ce sont mes rayures dorées, répondit le tigre fier, qui brillent au soleil ».
Le tigre fut hypnotisé par les paroles flatteuses de ce prédateur agressif qui manque rarement ses proies, il se retourna pour partir mais le requin sauta sur lui de toutes ses forces et le dévora tout cru en une bouchée.
Quelques instants plus tard, le requin se métamorphosa, des rayures verticales dorées éliminèrent son corps gris et devint un chasseur redoutable, le plus dangereux, considéré comme « le super-prédateur » des fonds marins.
Voilà comment le requin tigre est apparu dans les profondeurs de l’océan Pacifique.

Le sacrifice d’Ouka
En ces temps anciens, sur l’île des Pins habitait un jeune homme qui s’appelait Ouka et qui aimait pêcher. Mais un jour, il partit tout seul sans son grand frère Waïma. En pêchant, il prit une monstrueuse vague sur la figure. Il crut voir les dieux de la mer Gorome et de la pluie Kapu qui nageaient à ses côtés pour le sauver. Le jeune garçon perdit connaissance. Son frère qui dormait se réveilla en sursaut et constata que Ouka avait disparu. Il partit à sa recherche en tremblant de peur.
Pendant ce temps Ouka se réveilla dans les bras du dieu tout puissant Kanaloa.
Le jeune homme, impressionné et étourdi, demanda au dieu de la mer ce qui s’était passé. Celui-ci lui expliqua que le dieu créateur était en colère à cause de lui. La première vague venait de naître en amenant de l’eau jusqu’à l’intérieur des terres et en inondant les vallées et les plaines, ce qui provoqua un terrible tremblement de terre.
Kanaloa prédit que la fin du monde s’approchait parce qu’il avait interdit aux hommes de pêcher ce jour-là. Mais Ouka n’avait pas respecté les ordres du dieu créateur et provoqua le malheur de tous.

Ouka déçu de son action demanda à la puissance divine de le pardonner. Celui-ci expliqua que seul un sacrifice pouvait faire disparaître cette malédiction. Ouka courut chez lui et dit « adieu » à son grand frère et se jeta dans la mer houleuse où le grand requin bleu le dévora à jamais.
Et la vie reprit son cours et le calme est revenu mais l’esprit d’ Ouka demeure présent et reste mentionné dans toutes les catastrophes naturelles.

Le requin dormeur
Ceci se passait il y a très longtemps sur l’île de Tonga. Un chef paresseux devait préparer à son tour les décorations pour la fête de l’Igname mais Retok s’endormit et ne fit rien. Alors les chefs se rassemblèrent et commencèrent la réunion. Ils furent si énervés qu’ils décidèrent d’aller à la recherche d’un grand sorcier du nom de TEA. Le grand chef accompagné par ses sujets traversa une mer houleuse et s’échoua après un long périple sur une île perdue au milieu de l’océan Pacifique. Tous trempés jusqu’à l’os, ils cherchèrent un abri pour se réchauffer. L’île était paradisiaque, avec une végétation dense mais personne n’habitait depuis longtemps sur cet endroit féerique. Les naufragés trouvèrent une caverne cachée dans la roche et entrèrent à l’intérieur tout émus. Le spectacle fut éblouissant : des gravures dorées décoraient le plafond de cette grotte. On pouvait distinguer les mêmes initiales : le nom de TEA était lisible partout.
Ils s’approchèrent tout en tremblant de peur. Tout à coup, un bruit assourdissant retentit, un homme hideux apparut entouré d’animaux maléfiques, portant un masque à plumes et habillé en feuilles de pandanus.
Une voix effrayante retentit dans la grotte.
« Que voulez-vous étrangers ?
- Nous voulons vous demander un service »
- Après avoir exaucé votre vœu vous quitterez mon île. Alors je vous écoute…mais soyez bref.
- Nous voulons que vous envoyiez l’esprit du chef dormeur dans le corps d’un requin blanc ».
Toute la grotte fut illuminée et le sorcier disparu dans une lumière bleuâtre et fit ce que Retok lui avait demandé.
Voilà comment le requin dormeur est apparu dans les profondeurs de l’océan Pacifique.

La naissance de la lune
Ceci se passait il y a très longtemps sur une petite île perdue, au milieu de l’océan. Une petite fille nommée Tihi vivait dans une cabane perchée sur la colline. Elle était la seule survivante après le naufrage terrible qui avait coûté la vie à ses parents et aux autres passagers du bateau qui naviguait dans le Pacifique.
Elle avait trouvé refuge dans une grotte et regardait la mer qui s’étendait devant elle. L’eau cristalline, d’un bleu clair, s’abattait au loin sur le récif et elle pensait à ses proches. La pauvre enfant était apeurée et cherchait désespérément une compagnie pendant les longues nuits de solitude.
La lueur d’une torche éclairait à peine sa pauvre demeure et reflétait les larmes qui coulaient sur son visage. Soudain, une étoile filante passa dans le ciel, Tihi fit un vœu.
J’aimerais ne plus être seule sur cette île déserte, pensa-t-elle, je voudrais une amie qui puisse me tenir compagnie dans cet endroit inhospitalier et elle s’endormit épuisée.
Tihi se réveilla très tôt le lendemain matin et vit à sa porte une belle demoiselle. Ses cheveux noirs ondulés et bouclés arrivaient jusqu’aux cuisses, son teint lumineux et immaculé rendait cette créature irréelle.

« Bonjour, qui es-tu ? demanda la fillette.
- Je suis la déesse de la nuit, mais appelle-moi Nouy »
Tihi se demanda si son vœu n’était pas exaucé. Cette belle créature lui expliqua la raison de sa venue :
« Je suis ici car tu t’es adressée à moi hier soir en pleurant si fort. Je resterai avec toi pendant toute la journée et je repartirai avant la tombée de la nuit. »
Les fillettes s’amusaient ensemble toute la journée en chantant et en se promenant sur cet atoll. Cette créature céleste lui fit découvrir l’autre côté de l’île. Elles avaient escaladé des rochers, des falaises abruptes et des pentes raides pour se retrouver finalement dans un petit jardin d’Eden où on pouvait déguster tous les fruits en abondance.
Hélas ! les heures passèrent si vite et la nuit arriva rapidement.
« Tihi, j’aimerais passer plus de temps avec toi mais cela n’est pas possible. Tous les soirs, tu regarderas le ciel et tu me verras, tu te souviendras de moi ». Nouy fit ses adieux et disparut dans le ciel étoilé.
Tihi garda ses souvenirs gravés dans la mémoire et les moments inoubliables passés à ses côtés. La belle créature se transforma en un astre éblouissant et se propulsa dans le ciel immense, rempli d’étoiles étincelantes.
Voilà comment la lune est apparue dans l’univers céleste.

L’astre de la nuit
Ceci se passait il y a très longtemps sur l’île de Maré, dans une tribu à La Roche. Dans cette tribu vivait un grand chef qui se nommait Antoine. Tous vivaient en harmonie pendant la journée mais la nuit était tellement noire qu’on ne voyait rien sauf de petits Wajekoi (les étoiles).
Pendant le jour, les enfants jouaient sur la plage de Yejele alors que les adultes débroussaillaient chacun leur champ. Les femmes faisaient des tressages : des nattes en feuilles de pandanus, des paniers en feuilles de cocotiers, des robes.
Chaque matin Retok demandait à son fils de souffler dans le çuçu (le coquillage) pour appeler les Toan (les chefs de clan)
Quand les Toan arrivèrent, ils demandèrent au grand chef ce qu’ils devaient faire.
« Eje co rue et ha sa hore kutera.
- Bone nge ho eje co Kutera ?
Le grand chef prit la parole :
« Jadis nos ancêtres vivaient dans les ténèbres. Les esprits du mal venaient hanter leurs cases. Mais grâce au Kutera (les chants traditionnels), nous allons créer l’astre qui va refléter la lumière du soleil.

Cet astre aura une forme circulaire et brillera de mille feux pour qu’il puisse éclairer Maré et chasser les mauvais esprits pendant la nuit et le jour il retournera dans les entrailles de la terre ».
Le lendemain matin, tout le monde commença à chanter et à danser. On entendait des chants magnifiques accompagnés par des danses traditionnelles. Mais le Retok était parti avec son fils aîné en direction de la falaise qui s’appelle « Titi ». Ils montèrent jusqu’au sommet du gros rocher.
« Père, que faisons-nous ici ?
- Quand je serais mort, tu prendras possession du district de La Roche ».
Le fils fut étonné mais il ne voulut pas en savoir plus.
Le soir, tous les clans furent réunis devant la chefferie autour du Retok. Soudain, Antoine leva le cashu (le bâton sculpté) et commença à chanter en suppliant le dieu Kanaloa :
« Astre, Astre lève-toi, soleil, soleil, faites briller cet astre de nuit, de tous les diamants et de toutes les pépites blanches, faites-le briller… ».
L’univers entendit leur chant mélodieux et l’astre de nuit apparut et scintilla sur toute l’île de Maré. Le Retok se dirigea vers la falaise et disparut à jamais.
Voilà comment l’île de Maré fut éclairée.

Le requin paresseux
Autrefois, dans l’île nommée Maré, il y avait des requins très puissants ; ils étaient toujours actifs, chassaient et nageaient à la vitesse d’un éclair. Personne ne pouvait les attraper. Cette bête féroce n’arrêtait jamais et chassait régulièrement.
Un jour, le dieu Kanaloa avait demandé aux hommes d’aller à la recherche des poissons. Ils ne pouvaient pas pêcher tellement le rivage était envahi par les requins qui dévoraient les petits poissons. Alors Kanaloa, créateur tout puissant, décida de les endormir.
Après avoir capturé une grande quantité de requins, il injecta à ces monstres marins un sérum tout puissant. A partir de ce moment, les différentes espèces de poissons se multiplièrent et les pêcheurs furent heureux de leurs prises parce qu’ils pouvaient enfin vivre de leur pêche.
Le dieu de l’univers tout puissant pouvait se rassasier et fit même un élevage de requins apaisés et endormis.
Voilà comment le requin paresseux est apparu dans le monde marin.

« Le Requin dormeur »

Couplet 1 :
Nous sommes les pêcheurs de Maré,
Mais nous ne pouvons plus pêcher.
Trop de requins habitent notre lagon.
Ils ne nous laissent plus aucun poisson.

Refrain :
Ci sibone du buango
Co Konekatu enij (X2)

Couplet 2 :
O toi, Kanaloa, viens nous aider.
Tous ces requins, tu dois les chasser.
Pour nos familles, nos clans et nos tribus,
La mer nourricière doit être défendue.

Refrain :
Ci sibone du buango
Co Konekatu enij (X2)

Chant composé par la classe de 5e1 dans le cours
d’éducation musicale de M. CATHERINE
« Le Requin Tigre »

Couplet 1 :
Je suis le tigre, le maître de ces lieux.
Ma belle fourrure et mes rayures font des envieux.
On me respecte et on me craint, moi le roi des chasseurs.
Quand les autres animaux me voient, ils ont très peur.

Refrain :
Inu hna hue co wakadeda (x2)
Ha cori nu kore cawa (x2)
Inu canga leng jore cele (x2)
Inu canga hue co kua tin (x2)

Couplet 2 :
Moi le requin, je suis le maître des océans.
De tous les chasseurs, c’est moi le plus grand.
Je suis rusé, je suis malin, par tous je suis craint.
Poissons, phoques, oiseaux, humains : tout me va bien !
Refrain
Refrain + clap des mains

Chant composé par la classe de 5e2 dans le cours d’éducation musicale de M. CATHERINE

Tables des matières

- La Roche percée
- Le requin tigre
- Le sacrifice d’Ouka
- Le requin dormeur
- La naissance de la lune
- L’astre de la nuit
- Le requin paresseux
- Les chants composés par les 5ème1 et 5ème2

Mise à jour : 22 novembre 2019

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